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SON SIËdE,

SA NATURE SON TRAITEMENT.

Le grariJ sympathique est an GlîOÎéra-nî0i'l)U9 C<.' que le cerveau est à répiiopsie.

( l'ahtedr. ) FAB. I.. AUZOU^t

DOCTEUR EN MEDECINE^

Aaîeuv de l'Analomie Clasiir/aci

PARIS,

Chez BÂÎLLÉPcE, Lîdraire, Place de l'Ecole de Médecine , IN* 5.

185^2.

IMPRIMERIE DE SETIER,

KCE DE GREIN'ELLE SAîKl HONORÉ, 2\

Eii livraiU au public le résultat Je mes re- cherches sur le Cholcra-morbus ^ je cède à ce que je crois un devoir ; puiasé-je voir accueil- lir favorablement mes idées dont la nouveauté sera pcut-ôlrc pour plusieurs médecins une cause de réprobation l

Ce n'est point une opinion hasardée que j'é- mets sur cette maladie; ceux qui me liront la trouveront fondée sur les lois del'anatomie, de la physiologie et sur les phénomènes patholo- giques 5 confirmée par l'autopsie cadavérique , conforme à l'observation , et appuyée par tous les faits recueillis et pvibliés jusqu'à ce jour.

Cette opinion que , durant le séjour que je viens de faire en Angleterre, j'ai souvent pro- fessée en présence des médecins les plus distin- gués de Londres , dans des réunions composées des praticiens qui s'occupaient le plus active- ment de cette épidémie ;

Cette opinion que j'ai, depuis mon retour

à Paris > soumis à mes anciens maîtres et a mes confrères auxquels je suppose plus d'ha- bitude et de comiaissance des maladies; cette opinion n'ayant jusqu'à présent rencontré au- cune objection solide, aucun contradicteur, je la livre à la publicité.

Si cette opinion est adoptée, j'aurai la satis- faction d'avoir contribué à mettre les médecins sur la voie de la vérité ; si elle est repoussée , c'est qu'on aura trouvé quelque chose de plus satisfaisant. Dans l'une , comme dans l'autre circonstance , je devrai des remercîmens à ceux qui me feront l'honneur de me communiquer des raisons ou des faits , soit pour combattre cette théorie, soit pour l'appuyer.

DU

SON SIEGE ,

SA NATURE ET SON TRAITEMENT,

Jeiie désigne sous ie nom de Choîéra-Morbus, que cette période que Ton appelle Algide , que j'appellerai nerveuse, qui se termine par un état de stupeur , dont la durée est très variable , peut-être de 3 heures, de lo heures, de 24 heures; je ne sache pas que jamais on Fait vu durer plus long-temps. Je regarde comme con- sécutifs, et d'une nature toute différente, sou- vent comme un effet du traitement , les phé- nomènes si variables , si incoustans , quelque- fois nuls qui succèdent à cette période.

S'il est vrai que cette maladie se fasse re- marquer par les dérangcmens qui surviennent; dans les fonctions de la digestion , de la respi- ration , de la circulation et des sécrétions ;

S'il est vrai que Ton trouve constamment à l'autopsie des cadavres qui ont succombé au choléra :

La vessie dépourvue d'urine ,

la vésicule biliaire remplie de bile ,

Un liquide blanchâtre ^ floconneux ^ dans l'intestin grêle ,

Du sang noir dans les artères.

S'il est encore vrai que les signes caractéris- tiques de cette maladie soient :

Des déjections intestinales dépourvues de malières colorantes ,

La cessation du pouls,

Le refroidissement de toutes les parties du corps, d'abord des extrémités 5 puis du centre,

Le défaut d'hématose,

j.a cessation de la sécrétion ur inaire?

S'il est vrai qu'avant de présenter ces symp- tômes , le malade éprouve une petite diarrhée sans colique;

Un sentiment vague d'inquiétude et de fai- blesse;

La conviction d\in commencement de ma- ladie , sans presqu'oser en faire l'aveu ;

Nous devons être étonnés que les médecins lie soient pas d'un avis unanime sur la naiiirc

7 et le siège de cette maladie, et que les opinions pour le traitement soient si dissidentes.

Comment, en effets l'anatomiste a-t-il pu voir un cholérique sans se rappeler la grande division indiquée par Bichat : en organes de la vie organique, et organes de la vie animale?

Je copie textuellement Bichat, et j'appelle toute l'attention des médecins sur ce passage :

« Tous les anatomistes ont considéré jus- » qu'ici le système nerveux d'une manière » uniforme, mais pour peu que l'on réflé- » chisse aux formes, à la distribution, à la » texture , aux propriétés et aux usages des 5) branches diverses qui le composent, il est « facile de voir qu'elles doivent être rappor- ') tées à deux systèmes généraux 5 essentielle- » ment distincts l'un de l'autre, et ayant pour » centres principaux , l'un le cerveau et ses dé- '■> pendances , l'autre les ganglions. Le premier » appartient spécialement à la vie animale ; il )) y est , d'une part , l'agent qui transmet au » cerveau les impressions extérieures desti- » nées à produire les sensations, de l'autre » part il sert de conducteurs aux voiitions de » cet organe, qui sont exécutées par les mus» » clcs auxquels ils se rend. Le second , près-

4 que partout distribué aux organes de la di- » gestion , de la circulation , de la respiration , » des sécrétions, dépend d'une manière plus » particulière de la vie organique , il joue » un rôle bien plus obscur que celui du pré- » cèdent. »

Cette division professée, généralement re- connue 5 adoptée par tous les analomistes de- puis Bichat, ne peut être aujourd'hui mé- connue,

L'anatomie ne démontre-t-elle pas jusqu'à l'évidence que certains organes ne reçoivent de nerfs que du cerveau ; d'autres que du système ganglisnaire , autrement dit grand sympathi- que , et que d'autres reçoivent des nerfs de l'un et l'autre système?

]N 'est-il pas démontré que les organes qui tirent leurs nerfs du cerveau sont soumis à notre volonté? qu'ainsi nous pouvons contrac- ter les fibres musculaires qui font agir nos doigts , nos membres , modifier les mouvemens qui en résultent , et que toutes les sensations perçues par cette classe d'organes, sont rap- portées au cerveau ?

IN 'est-il pas démontré que les organes au contraire qui reçoivent leurs nerfs du grand

9 sympathique , sont indépendants de notre vo- lonté 5 et les sensations perçues par eux ne sont point rapportées au cerveau?

Ainsi nous ne pouvons pas faire que notre cœur batte plus vite ou plus lentement, nous ne pouvons pas faire que notre poumon ab- sorbe une plus grande quantité dair, que no- tre estomac se débarrasse des alimens contenus dans sa cavité, que le foie sécrète une plus grande quantité de bile , le rein une plus grande quantité d'urine , etc.

Ainsi les sensations perçues par ces organes ne sont point rapportées au cerveau, notre cœur est rempli de sang , nous n'en avons pas la conscience. L'air introduit dans nos poumons est froid ou chaud , nous n'en éprouvons au- cune sensation. Des alimens sont portés dans i estomac , nous n'en gardons que le souvenir , nous ne pouvons pas faire que cet organe les digère plus vite ou pins lentement; tant qu'ils ont été dans la bouche , nous en avons appré- cié la température, la saveur, les qualités acres ou alcooîicjues ; à peine ont-ils franchi Farrière- bouche , que nous ne les sentons plus , Festo- mac les digère malgré nous, et indépendam- lîîcnt de notre volonté.

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N'est-il pas encore démontré que les orga- nes qui tirent leurs nerfs du grand sympathi- que et du cerveau 5 sont, jusqu'à un certain point, soumis à notre volonté , et les sensations perçues par eux, sont, dans certaines circon- stances 5 rapportées au cerveau ?

En divisant ainsi les organes en trois classes , nous trouverons :

i** Des organes qui ne reçoivent des nerfs que du grand sympathique.

Des organes qui reçoivent des nerfs et du grand sympathique et du cerveau,

5" Des organes qui ne reçoivent des nerfs que

du cerveau.

'Lapartiemoyennedulubeinlcslinaî; La vésicule biliaire , Le foie, Dans la i" série /La rate, nous placerons : \ Le Pancréas , J Le rein, f Le cœur, \Les vésicules pulmonaires.

/ L'estomac , I La vessie,

^ , , j . iLe colon ,

. 1 Le pharynx.

\Lc larynx.

Dans la 5" série) Tous les muscles du îronc cl àçs JÎ0115 placerons : f membres.

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Que conclure de ces considérations physio- logiques ?

Que les organes delà première série peuvent être malades sans que nous en soyons préve- nus, ou par la douleur, puisque les sensations ne sont pas rapportées au cerveau , ou par les dérangemcns qui surviennent dans leurs fonc- tions, puisque ces fonctions ne sont pas appa- rentes.

Que les organes de la deuxième série ne peuvent être malades sans que nous en soyons prévenus, soit par le dérangement de fonc- tions , soit par un sentiment de douleur.

Que les maladies de la troisième série ne peuvent jamais être méconnues.

11 est à regretter que les praticiens n'aient pas plus tôt fait l'application de ces données physiologiques aux phénomènes que présente le choiéra-morbus; il est tiès-proÎ3a]3Îe :

Que tous les praticiens seraient maintenant d'acord sur le siège de cette maladie , sur sa nature cL sur le traitement.

Que les phénomènes , peu a p païens à la vérité, mais constans , qui se font remarquer au début de la maladie , scraicni mieux connus ci mieux appréciés.

Que 5 dans un grand nombre de cas , on en aurait arrêté Je développement en n attendant pas, pour constater la maladie et y opposer un traitement, que certains organes aient déjà cessé leurs fonctions.

Car tous les médecins de bonne foi con- viennent que c'est seulement au début de la maladie que la médecine offre quelque res- source conti'e cette épidémie.

Pour moi , le choléra n'est ni une inflamma- tion du tube intestinal, ni une asphyxie du poumon , ni une maladie cérébro spinale.

Je la regarde comme une maladie analogue à Fépilepsie. Le grand sympathique est au cho- léra-morbus ce que le cerveau est à Fépilepsie,

L'épilepsie apporte des dérangemens dans les fonctions de tous les organes de la vie aunimale.

Le choléra-niorbus apporte des dérangemens dans les fonctions de tous les organes de la vie organique,

Puisqu'on ne peut nier que la première ait son siège dans le cerveau , pourquoi re- fuserait-on d'admettre que le second ait le sien dans le grand sympathique?

Tous les médecins qui possèdent des con- naissances positives en anatomic ^ en ont eu la

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la pensée, mais aucun , je crois , jusqu'à pré- sent, ne l'a démontré anatomlquement , phy- sioiogiquement et pathologiquement.

Je vais tâcher de le faire.

Si l'on tient compte des différentes périodes de cette maladie , on remarque que le choléra- morbus , observé en Asie , en Afrique , en Eu- rope, a partout offert les mômes symptômes, et que les cadavres ont constamment présenté à l'autopsie les mêmes phénomènes dans les organes.

Si dans les observai ions publiées jusqu'à ce jour nous trouvons quelque différence, elle vient de ce que l'examen n'a point été fait à la même période de la maladie. Toutes les autop- sies cadavériques faites par nos plus habiles médecins au début de l'épidémie n'ont offert aucune altération de tissu, parce que presque tous les malades succombaient à la période de froid ; maintenant l'épidémie perdant de son intensité, la maladie parcourt ses périodes avec moins de rapidité , la réaction a lieu le plus souvent , beaucoup de malades guérissent , et l'autopsie des cadavres cholériques présente constamment des altérations de tissu plus ou moins apprécirbles.

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Comme Vont fait remarquer tous les obser- vateurs de tous les siècles , au commencement d'une épidémie les malades succombent avec une promptitude extrême , tandis qu'à la (in ils guérissent presque tous , ce qui fait croire aux médecins qu'ils ont trouvé les moyens de guérison.

Je distinguerai , comme on Fa fait j usqu'alors pour cette maladie , trois périodes :

Période d'invasion , période algide , et pé- riode de réaction.

Dans la première période, dérangement dans les fonctions des organes de la première série , c'est-à-dire de ceux qui ne reçoivent des nerfs que du grand sympathique.

Dans la seconde période , dérangemens dans les fonctions des organes de la seconde et de la troisième série.

Dans la troisième période ^ réaction ou ré- surrection des organes , c'est-à-dire que les or- ganes qui avaient cessé momentanément leurs fonctions les reprennent.

PREMIÈRE PÉRIODE.

SYMPTÔMES,

Gargouiilemens accompagnés d'une petite diarrhée , d'abord peu abondante , et qui aug- mente de plus en plus ; les selles se font non avec ténesme , comme dans la dyssenterie or- dinaire , mais facilement , et pour ainsi dire à l'insu du mala îe. Cet état s'accompagne d'a- bord de fatigue semblable à celle que fait éprouver un commencement d'asphyxie ou d 'apoplexie;les pulsationsdes artèresdiminuent , les extrémités se refroidissent, la peau qui leur sert d'enveloppe n'est plus tendue , transpa- rente; elle devient pâle, ridée, prend une teinte bleuâtre. L'urine devient moins abon- dante, les déjections alvines , d'abord jaunes, offrent une couleur et une odeur moins pro- noncée s»

DEUXIÈME PÉRIODE.

L'accablement devient excessif, la faiblesse musculaire telle que le malade ne peut plus se mouvoir , cessation complète de îa sécrétion uriuairc , la respiration devient dlilicile , tout-

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à-fait costale, iair expulsé des poumons, moms chaud d'abord 5 devient froid; soumis à l'ana- lyse chymique , cet air n a éprouvé de son in- troduction dans le poumon aucune altération appréciable; les pulsations du coeur décrois- sent d'une manière effrayante , bientôt on ne sent plus qu'un frémissement. Le froid des ex- trémités gagne le centre , la langue devient froide , large et flasque ; les extrémités , de bleuâtres qu elles étaient, deviennent d'un bleu prononcé. Les vomissemens aqueux , très- fréquens , d'un liquide floconneux, d'abord abondans, deviennent plus rares , s'accom- pagnent de douleurs à l'épigastre. Les vomis- semens qui d'abord avaient lieu avec une force convulsive telle que les liquides étaient jetés au loin avec éclaboussure , deviennent moins forts, et bientôt si faibles que les efforts de l'estomac ne suffisent plus pour expulser les matières au dehors. Les déjections alvines de- viennent plus fréquentes , plus liquides , et tellement incolores que les draps n'en sont même pas tachés. Cet état s'accompagne de crampes très-pénibles pour le malade ; le plus souvent elles ne sont point suivies de contrac- tion des membres, et ne peuvent être aperçues

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par robscrvateur. La voix s'altère , les paroles paraissent plutôt soufflées que prononcées , dit M. Broussais; la vision et l'audition sont sensi- blement diminuées; l'activité du cerveau se ra- lentit et fait craindre une fin prochaine.

Les membres exécutent encore de temps en temps quelques légers mouvemens.

Et enfin la cessation des fonctions est com- plète.

Si cet état dure un temps trop long , la mort réelle arrive.

Il me semble tout-à-fait inutile d'en donner l'explication ; tout le monde comprendra que la vie ne peut exister sans circulation , sans respiration, etc.

Alors arrive la mort ou la réaction.

TROISIÈME PÉRIODE,

RÉACTION OU RÉSURRECTION DES ORGANES.

Lja chaleur reparait d'abord vers le tronc , puis vers les extrémités; le cœur recommence ses battemens , la respiration se rétablit , tous les organes reprennent successivement leurs fonctions , et la maladie se terminerait , si des accidens consécutifs , au moins aussi redouta-

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blés que la maladie eile-même , ne détermî-* naient dans certains organes des désordres , qui le plus souvent sont mortels si le malade est abandonné à lui-même.

De même que nous avons vu tous les phé- nomènes se succéder selon Tordre anatomique indiqué par Bicbat, de même nous voyons les fonctions se rétablir dans le même ordre ^ d*abord dans les organes de la première série , puis de la deuxième , puis de la troisième.

Malheureusement la réaction n'a pas lieu dans tous les organes en même temps , et lors- que les organes de la première série reprennent leurs fonctions , ceux de la troisième sont en- core dans letat de stupeur.

Le cœur reprenant ses fonctions presse le sang avec une force aussi grande que si ce li- quide devait parcourir tout le système artériel ; delà les désordres épouvantables qui arrivent, de les congestions , ou cérébrales , ou pul- monaires , ou intestinales , etc.

D'après ces faits qui sont constans, et qui ont été remarqués par tous ceux qui ont vu des cholériques , comment peut-on refuser d'admettre :

i" Que ces dérangemens dans les fonctions

19 soient dus à rinfluence du grand sympathi- que ;

Que les dérangemens se succèdent dans l'ordre anatomique indiqué par Bichat ;

5*". Que ces dérangemens se font toujours remarquer par un état d'exaltation de fonc- tions, suivi d'un état de collapsus.

S'il nous restait quelque doute , examinons le cadavre , nous trouvons constamment :

1** La vessie dépourvue d'urine, ce qui doit être, puisque le rein ne reçoit de nerfs que du grand sympathique , tandis que la vessie reçoit des nerfs de l'un et de l'autre système, et que lorsque les reins ont déjà cessé leurs fonctions, la vessie continue encore les siennes et se dé- barrasse du liquide contenu dans sa cavité ;

2" La partie inférieure de l'intestin grêle , constamment remplie d'un liquide incolore , floconneux, tandis que le colon, le rectum, l'estomac et le commencement du tuhe intes- tinal sont souvent vides, ce qui doit être , puisque la partie moyenne de ce tube ne re- çoit de nerfs que du grand sympathique, tan- dis que les extrémités reçoivent des^ nerfs de l'un et l'autre système ; l'intestin doit donc cesser ses fonctions le premier ; de l'accu-

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mulaîion du liquide que l'on trouve dans sa ca- vité, liquide blanc , qui n est autre chose que la mucosité sécrétée par îa muqueuse du tube intestinal, qui, souvent mise en jeu par la contraction des fibres musculaires de l'intestin , éprouve ce que toutes les muqueuses éprou- vent en pareille circonstance , une augmenta- tion, desécrédon.

Les glandes de Peyer , les gland nies de Brun- ner,les cryptes muqueux , sont plus dévelop- pés parce que la sécrétion muqueuse a été augmentée, et il arrive pour ces glandules ce que l'on remarque daos les glandules de la bouche, dans les cas de salivation par l'em- ploi du mercure, et cependant personne, que je sache jusqu'il présent , n'a vu dans ce dé- veloppement le siège ou la cause de la syphillis.

Le liquide s'accumule dans l'intestin grêle , parce que cette portion du tube intestinal ap- partenant à la première série, cesse ses fonctions, et se laisse dilater passivement sans pouvoir réagir.

La vésicule biliaire appartenant à la première série cesse ses fonctions avant le foie, de la raison pour laquelle cette poche est constam- ment dilatée. Une fois j'ai trouvé les vaisseaux

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cystiques , hépatiques et choiëdoques énorme^ ment dilatés, et remplis de bile jusqu'à Tinser- tion de ce canal dans le duodénum; aucune trace de bile n'existait dans l'intestin.

La vésicule ayant cessé ses fonctions la pre- mière, ne réagit plus, raison pour laquelle le liquide contenu dans les intestins est constam- ment incolore.

Le sang contenu dans les artères est cons- tamment noir , parce que les vésicules pulmo- naires ont cessé leurs fonctions , et l'hématose ne se fait plus. Si cette assertion avait besoin de preuves, il suffirait de se rappeler que l'air expulsé des poumons n'a éprouvé aucune al- tération appréciable, preuve incontestable que le sang n'a point été en contact avec l'air, que l'air ne pénètre plus jusqu'aux vésicules pul- monaires. Que penser de l'introduction de l'oxigène dans le poumon !

On remarque la cyanose des extrémités par- ce que du sang noir est poussé dans les artères. Ce n'est pas seulement dans les extrémités que l'on remarque cette cyanose , on la retrouve dans tous les organes ; tous les tissus ont une teinte plus ou moins violacée. Que l'on com- pare un muscle d'un cholérique avec celui d'ua

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sujet qui aura succombé à toute autre mala- die 5 on trouvera une différence notable ; on trouvera cette différence pour tous les organes^ parce qu'il y a stase du sang dans les capil- laires, et que ce sang est noir, ce qui donne aux membranes une teinte violacée près qu'in- flammatoire : ce qui a fait croire aux uns à une inflammation des méninges ou du cerveau, aux autres à y ne inflammation du canal in- testinal.

Les extrémités se refroidissent et deviennent glaciales j malgré tous les soins que l'on pro- digue au malade , parce que le cœur apparte- nant à la première série , ne pousse plus le sang jusqu'aux parties éloignées.

Je n'hésite pas à admettre , avec la plupart des anatomistes qui ont observé le choléra- morbus , que cette maladie a son siège dans le grand sympathique.

On objectera que les recherches les plus mi- nutieuses n'ont point montré dans le grand sympathique d'altération de tissu. Comment une altération de tissu dans cet appareil serait- elle nécessaire pour expliquer les dérange- mens de fonctions qui surviennent dans les organes de la vie organique? Croit-on à nïie

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altération de tissu du cerveau , parce que cer- tains organes de ce système sont mis plus sou- vent en jeu , ou même agités convulsivement?

J ai dit que je trouvais la plus grande ana- logie entre le choléra et Tépilepsie.

L'épilepsie est caractérisée par des désordres dans les fonctions du cerveau , le choléra-mor- bus par des désordres dans les fonctions du grand sympathique.

L'une et l'autre maladie amènent des dé- rangemens dans les fonctions des organes qui dépendent de l'un ou de l'autre système.

L'une et l'autre surprennent et viennent tout-à-coup.

L'une et l'autre frappent indistinctement l'homme en santé et le convalescent.

L'une et l'autre se propagent par l'influence morale.

L'une et l'autre peuvent être arrêtées par une impression forte , par une distraction vive.

L'une et l'autre se manifestent par un état d'exaltation suivi de collapsus.

L'une et l'autre attaquent les différentes es- pèces d'animaux.

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L'une et i'aulre parcourent leurs périodes en quelques heures.

L'une et l'autre peuvent cesser tout-à-coup , et le malade peut revenir subitement à un état complet de santé, si les dérangemens dans (e& fonctions n'ont point déterminé de lésion dans les tissus.

De même qu'à Fautopsie d'un cadavre épi- leptique, on ne trouve jamais d'altérations identiques dans les tissus, et que souvent on n'en trouve aucune , de même les cadavres des cholériques ne présentent pas constamment d'altérations uniformes dans les organes de la vie organique , et souvent n'offrent aucun dé- sordre appréciable aux sens. Ce qui a fait dire à M. P(^tit, avec beaucoup de raison , que cette maladie était convulsive.

J'appelle l'une épilepsie du cerveau, l'autre épilepsie du grand sympathique, et si, avec M. Broussais , nous admettons que la première est due à l'irritation du cerveau, pourquoi n'admettrions-nous pas que la seconde soit due à l'irritation du grand sympathique ?

Quant aux causes, elles ne sont pas plus, connues dans un cas que dans l'autre ; ce qui est généralement admis, c'e?t que les affeç-

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tions morales , les commotions du système ner- veux, et toutes les circonstances débilitantes prédisposent à ces deux maladies. Qu'elles se développent sous l'influence d'un agent subtile et insaisissable à nos recherches , cet agent me paraît avoir la plus grande analogie avec ce principe qui fait qu'un individu en parfait état de santé, témoin d'un accès d'épilepsie , éprouve immédiatement, ou peu après, les mêmes accidens.

A l'appui de cette opinion , il serait facile de citer un grand nombre d'exemples d'individus qui ont éprouvé des symptômes de Choléra parce qu'on leur a montré des cholériques , ou fait croire qu'un cholérique avait été apporté dans la maison.

D'après ces données , il me semble facile de fixer le traitement , soit pendant la période que l'on a désignée sous le nom d'Algide ou ner^ veuse , soit dans la période de réaction.

Prévenir la période aîgide ;

Faire que la période de stupeur dure le moins de temps possible ;

Prévenir ou combattre les accidens consé- cutifs :

Voilà ce me semble les indications à remplir.

26 TRAITEMENT.

En passant en revue les différens moyens que 1 on a opposés au choléra-morbus , on est porté à penser que les praticiens ont eu le pressen-> timent de la nature de cette maladie.

Comme pour Tépilepsie, n'a-t-on pas fait l'éloge du camphre , du musc , du quinquina ? IN a-t-on pas vanté les succès de la valériane , des poisons les plus violens? IN a-t-on pas em- ployé la saignée , la glace , les extraits alcooli- ques, les exutoires, les moxa, les prépara- tions opiacées, Fopium, même à forte dose? A en croire les médecins qui les ont préconisés , chacun de ces remèdes a également produit des guérisons ou du soulagement. L'efficacité des remèdes a partout varié comme les caractères de la maladie à laquelle on les opposait, et dans les mêmes lieux l'emploi des mêmes moyens sur différens individus a produit également la gué- rison ou la mort.

Moins confiant dans l'emploi de ces moyens , que je ne crois pas plus efficaces dans l'épilep- sie que dans le choléra-morbus , sans toutefois les rejeter ou en blâmer un emploi sagement combiné, je me bornerai à indiquer ce qui me paraît le plus rationnel.

Si le choléra-morbus est annoncé par des

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symptômes précurseurs, le malade essayera d en prévenir le développement , en changeant de localités , d'habitudes , en se livrant à tout ce qui peut changer ses idées , lui causçr des distractions fortes, des impressions vives ; c'est dans cette période que les secours des parens , des amis , peuvent souvent autant et plus que les médecins. Je possède plusieurs observations d'individus qui ont été guéris par des impres- sions vives , des mouvemens de colère , ou une forte préoccupation d'esprit. Il ne suffît pas que cette distraction soit momentannée, il faut qu'elle soit au moins de quelque durée. Pour arriver à ce but , il est quelquefois nécessaire d'obîiger , de violenter le patient , car s'il dépend de lui de faire ou de ne pas faire , le plus or- dinairement il restera avec sa préoccupation d'esprit. Je pourrais citer plusieurs faits à l'ap- pui de cette opinion; dans la crainte de sur- charger ce mémoire, je renvoie aux observa- tions qui ont été publiées dans les journaux scientifiques et politiques.

Avec les moyens moraux on fera coïncider l'emploi des ressources que nous offre la mé- decine. Si le sujet est robuste , on opérera une forte soustraction de sang, soit en ouvrant la

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veine, soit par des applications de sangsues ; on stimulera la peau, par l'emploi des vésicans, des rubéfians, du cautère objectif, de la cau- térisation médiate ou immédiate; cest dans remploi de ces moyens que je range les flanel- les imprégnées de liquides volatils ou alcalins, sur lesquels on promène un fer très-chaud. M. Petit , de l'Hôtel-Dieu, cite plusieurs exem- ples d'individus qui, par l'emploi de ce moyen, sont revenus à un état de santé subit et com- plet.

A l'intérieur on administrera les moyens ap- propriés à l'état d u malade , l'eau de riz , les si- rops , les boissons adoucissantes , calmantes , légèrement excitantes , diaphorétiques ; on tiendra le malade chaudement, on satisfera la soif en plaçant de la glace dans la bouche ^ on renouvellera l'application des sangsues , on es- sayera les bains et les lavemens narcotiques , etc. Mais je ne conseillerai ni le punch au rhum avec addition de gingembre , de gérofle , etc. , ni l'emploi du calomélas à la dose de lo grains, d'heure en heure, ni l'opium à de très-fortes doses , comme je l'ai vu conseiller en Angleterre. Je m'abstiendrai de tous les moyens dont l'em- ploi seul détermine constamment sur l'homiu^

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dans le plus parfait état de ^nté, les accideils €[ue je redoute et que je dois combattre.

Si le choléra est parvenu à sa plus haute pé- riode , froid de toutes les parties du corps , cessation des battemens du cœur, cessation des vomissemens et des déjections ; à un étal de col- lapsus; on donnera au malade tous les témoi- gnages d'une sollicitude empressée , car il faut se rappeler que les fonctions intellectuelles, que les sens, ne sont qu'affaiblis, mais ne sont point éteints, et que souvent le malade voit et entend.

L'attaque nerveuse terminée, la réaction commence; il faut se mettre en garde contre les accidens consécutifs , les prévenir par des saignées locales ou générales , revenir à ce iKoyen aussi souvent que les circonstances l'exigent, ne pas craindre de débiliter le ma- lade; il vaut. mieux sortir du lit un malade dé- bilité qu'un cadavre.

L'action du cœur et les mouvemens respira- toires , l'action du tube intestinal, les phéno- mènes que présentent le cerveau et ses dépen- dances, seront observés avec le plus grand soin.

C'est dans cette période que la médecine sera puissante si elle est active. Il ne faut pas quitter un instant le malade, c'est la mé-

dication de la minute : les indications se suc- cèdent avec une rapidité telle qu'un instant avant , le médecin ne peut prévoir ce qui arri- vera. Un instant après , il est trop tard. 3e de- mande au plus habile médecin ce que peut lart si le sang , s'étant porté avec trop de force au cerveau ou au poumon , a déjà rompu les artères ou déchiré le tissu de ces organes* Ce qui peut arriver de moins malheureux pour le malade c'est une congestion intestinale, et c'est la raison pour laquelle le punch, la glace et tous les autres excitans tendant à pro- voquer cette terminaison, amènent souvent des résultats moins fâcheux. « Lorsqu'on voit » rougir la langue , dit le professeur Broussais , » la peau se colorer, la cyanose disparaître, » on peut les priver (les malades j de la glace , » et leur donner des boissons , mais pendant » qu'on s'occupe d'humecter la bouche et l'in- » térieur du corps, la gastrite se développe,

la réaction s'opère , la phlegmasie change de » mode , et elie consiste dans une congestion » rapide vejps le canal digestif.

» Plus vomissemens , plus de selles , le » pouls lent s'accélère , de petit et de dur , il » devient plus large et plus souple, la colora-

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» tion brune de la peau se dissipe peu à peu^^ ï et vous êtes étonné de voir le lendemain le » malade avec les signes d'une gastro-entérite y> commençante.

» Lorsque Fasphyxie et la cyanose ont dis- » paru , et que le malade reprend des forces ^ ' vous le conduisez lentement et sans stimu- » lans. »

Si l'on oppose à l'inflammation du canal di- gestif les moyens appropriés , celte gastro-enté- rite n'est pas grave par elle-même , quand le malade est bien traité ; traitée par les stimulans elle dégénère souvent en typhus.

Je ne mets pas en doute qu'un médecin ha- bile qui se tiendra en observation auprès du malade au moment de la réaction , ne puisse prévenir, en remplissant les indications du moment , la plupart des accidens en les com- battant à leur apparition.

Je possède plusieurs observations de mala- des qui après la réaction se sont trouvés dans un état complet de santé; les uns parce que au début de la maladie, durant les premiers temps de la période aîgide , on avait pratiqvié sur eux de copieuses saignées; d'autres par des circonstances fortuites avaient éprouvé

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peu de temps avant Finvasion des hémorra- gies ^ des pertes considérables qui avaient fait craindre pour leurs jours , d'autres avaient éprouvé instantanément des impressions mo- rales très vives, d'autres avaient été soumw à l'emploi des excitans les plus puissans du sys- tème nerveux , à l'application des cautères ob- jectifs, transe urrent s , de la cautérisation mé- diate ou immédiate, etc.; surcesdifFérens sujets la réaction s'est opérée sans signes de conges- tion.

D'autres, moins heureux j après avoir éprouvé les phénomènes les plus violens de la période algide, après un état de collapsus si complet que quelques malades avaient été laissés pour morts , ont leur salut à des saignées prati- quées au moment même de la réaction , répé- tées autant de fois que les symptômes de con- gestion se sont manifestés. Chez ceux-ci, ra- rement le retour à la santé a été subit et com- plet; souvent iiestrestédes traces de congestion, ou du cerveau ou du poumon , le plus ordi- nairement du canal digestif, et quelquefois de tous ces organes en même temps. Avec du temps, un traitement approprié et beaucoup de prudence de la part du malade, la médecine triomphe presque toujours de ces accidens con- sécutifs. "'

A l'appui de cette opinion , on trouvera un grand nombre d'observations consignées dans les nombreux écrits qui ont été publiés sur cette maladie.

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